Feux de forêt : 6 activités pédagogiques pour les 7-11 ans

18 Sep 2026 | Enseignants

L’été 2026 a été marqué par de nombreux feux de forêt en France, dont les images ont pu marquer les enfants. À la rentrée, ces événements peuvent être l’occasion, avec les élèves de 7 à 11 ans, de partir de ce qu’ils ont vu, entendu ou ressenti pour mieux comprendre les forêts et leur fragilité face au feu. Pourquoi un incendie se déclenche-t-il et se propage-t-il ? Que devient la forêt après le passage des flammes ? Et comment peut-on contribuer à la protéger ? Ces six activités proposent aux enseignants un cheminement progressif, de l’expérience des élèves à la découverte du monde vivant et aux gestes de prévention.

Après les incendies de l’été, partir de ce que les élèves ont vécu

Les images de fumée, de flammes, de forêts noircies et de populations évacuées ont marqué l’été 2026. À la rentrée, les élèves peuvent arriver en classe avec des souvenirs très différents : certains auront vu les incendies à la télévision, d’autres auront entendu leurs proches en parler, d’autres encore auront peut-être été directement concernés.

Ces événements constituent un point de départ particulièrement riche pour une séquence d’éducation aux enjeux environnementaux. Mais avant d’expliquer ce qu’est un feu de forêt, pourquoi il se propage ou quel rôle joue le changement climatique, il peut être utile de commencer par une question importante : qu’est-ce que les élèves ont vu, compris et ressenti ?

Cette première étape permet de prendre en compte leur vécu sans dramatiser. Elle évite aussi de partir d’une représentation toute faite. L’objectif n’est pas de demander aux enfants de raconter une expérience difficile s’ils ne le souhaitent pas, mais de créer un espace où chacun peut mettre des mots, un dessin ou quelques idées sur ce qu’il associe aux feux de forêt.

Activité 1 – « Cet été, les forêts ont brûlé : qu’est-ce que cela vous fait ? »

Durée : 20 à 30 minutes | Matériel : tableau, feuilles ou cahier

Proposez quatre amorces et laissez les élèves choisir celle qui leur convient :

  • J’ai vu…
  • J’ai entendu…
  • Je me suis demandé…
  • Je ressens / je ressens encore…

Les réponses peuvent être écrites, dessinées ou partagées oralement. Dans un second temps, faites apparaître les questions auxquelles la classe aimerait répondre : pourquoi un feu démarre-t-il ? Pourquoi se propage-t-il parfois très vite ? Une forêt peut-elle repousser après un incendie ? Quel rapport avec la sécheresse et le changement climatique ? Quelles sont les victimes des incendies de forêt ?

Cette activité s’inscrit dans une pédagogie de la sensibilité : les élèves apprennent à identifier et à exprimer ce qu’ils ressentent, tout en passant progressivement de l’expérience personnelle à une recherche collective. Elle peut notamment être articulée avec la ressource Éduscol consacrée à l’éducation aux risques majeurs et à la lutte contre les feux de forêt au cycle 2.

Ressource pédagogique : Éduscol, « Éduquer et informer sur les risques majeurs »

Activité 2 – Un arbre n’est pas une forêt

Durée : 30 à 45 minutes | Matériel : carnet, crayon

Choisissez avec les élèves un arbre dans la cour, dans un parc proche ou lors d’une sortie. Commencez par une observation très simple : forme du tronc, écorce, feuilles, branches, fruits éventuels, présence ou traces d’animaux, plantes présentes à proximité.

Puis posez une question : « Si cet arbre disparaissait, qu’est-ce qui changerait autour de lui ? » Les élèves peuvent progressivement dresser une liste de ce qui dépend de l’arbre : insectes, oiseaux, champignons, végétaux, sol, ombre, humidité…

L’objectif est de faire comprendre qu’un arbre n’est pas un élément isolé. Il participe à un ensemble de relations entre êtres vivants et milieu physique. Cette observation concrète prépare la notion d’écosystème, sans commencer par une définition abstraite.

« Qu’est-ce qu’un arbre ? » est une des nombreuses séquences de découverte proposé par le serious game « Au cœur des forêts, protège ton futur ! » de Terra Project.

Activité 3 – Une forêt, c’est tout un monde vivant

Durée : 45 minutes à 1 heure | Matériel : grande feuille ou tableau

À partir de l’arbre observé, élargissez la réflexion à la forêt. Demandez aux élèves d’énumérer tout ce qu’elle abrite et tout ce qu’elle nous apporte. Bois, fruits, champignons, plantes, animaux, sols, eau, fraîcheur, espaces de promenade : la liste s’allonge rapidement.

Transformez ensuite cette liste en une carte des relations. Qui se nourrit de quoi ? Qui fournit un abri ? Que deviennent les feuilles mortes ? Quel rôle jouent les champignons et les organismes du sol ? Pourquoi la disparition d’une espèce peut-elle avoir des conséquences pour d’autres ?

Dans le cadre d’une sortie en forêt (ou dans un parc arboré), une petite expérience sensorielle peut compléter la séance : fermer les yeux pendant une minute et noter tous les sons entendus. Vent dans les feuilles, oiseaux, insectes, branches, pas, bruits lointains… La forêt devient alors un milieu à observer avec tous ses sens.

Cette approche permet également d’aborder les services rendus par les arbres et les forêts, notamment leur rôle dans le cycle de l’eau, leur capacité à stocker du carbone et leur contribution au rafraîchissement local.

Relier les activités au changement climatique sans tout mélanger

Les feux de forêt offrent une occasion concrète d’expliquer le changement climatique, à condition de conserver une relation de cause à effet rigoureuse. Un incendie peut avoir des causes multiples. En revanche, un climat plus chaud et plus sec peut accroître la vulnérabilité de la végétation et favoriser des conditions de propagation plus difficiles.

Pour les 7–11 ans, il n’est pas nécessaire de détailler l’ensemble du système climatique. L’essentiel est de comprendre quelques liens : plus de chaleur peut augmenter l’assèchement de la végétation ; des sols et des plantes plus secs sont plus vulnérables ; le vent peut accélérer la propagation ; et les activités humaines jouent un rôle important dans les départs de feu.

Cette progression permet de rester fidèle à une approche systémique : partir d’un événement réel, observer un milieu, comprendre les relations entre ses composantes, identifier les facteurs de vulnérabilité, puis réfléchir aux moyens de protection.

Ressources pédagogiques

l’ONF (Office national des forêt) propose de très nombreux contenu pédagogiques sur arbres, les forêts, le changement climatique et les feux de forêt.

L’association « 1 arbre 1 école » propose des fiches pédagogiques sur les arbres, les forêts, les relations entre forêts et réchauffement climatique.

Activité 4 – Pourquoi un feu se propage-t-il ?

Durée : 45 minutes | Matériel : images, carte, éventuellement vidéos pédagogiques

Après avoir découvert la forêt comme milieu vivant, revenez au phénomène qui a marqué l’été : les incendies. Demandez d’abord aux élèves ce dont un feu a besoin pour se développer.

Faites apparaître progressivement plusieurs facteurs : une source d’ignition (ou source d'inflammation), de la végétation combustible, de la chaleur et des conditions météorologiques favorables. La sécheresse rend la végétation plus vulnérable ; le vent peut accélérer la propagation. Le changement climatique ne « crée » pas à lui seul les incendies : il contribue à rendre certaines conditions plus favorables aux feux, notamment par l’augmentation de la chaleur et de la sécheresse.

Il est également important de distinguer le départ du feu de sa propagation. En France, la très grande majorité des feux sont d’origine humaine, volontaire ou accidentelle. Cette distinction permet d’aborder la prévention sans faire porter aux enfants une responsabilité disproportionnée.

Ressource pédagogique : Éduscol propose une fiche « La lutte contre les feux de forêt » pour le cycle 2, avec des pistes mobilisant notamment la lecture, la carte, l’EMC et les compétences psychosociales.

Activité 5 – Que devient une forêt après un incendie ?

Durée : 45 minutes à 1 heure | Matériel : photographies avant/après, feuilles

Pour éviter que la séquence reste centrée sur la catastrophe, proposez aux élèves d’observer ce qui se passe après le feu. À partir de photographies prises avant et après un incendie, demandez : qu’est-ce qui a disparu ? Qu’est-ce qui peut revenir ? Qu’est-ce qui prendra beaucoup plus de temps ?

Une question peut structurer la discussion : « Une forêt brûlée est-elle une forêt morte ? » La réponse dépend notamment de l’intensité du feu, des espèces présentes, de l’état du sol et des conditions qui suivent l’incendie. Certaines plantes peuvent recoloniser rapidement un milieu brûlé ; dans d’autres situations, les conséquences sont beaucoup plus durables.

Cette activité introduit la notion de résilience des écosystèmes, mais aussi ses limites. Elle permet de parler du temps long de la forêt : un incendie peut se propager en quelques heures alors que la reconstitution d’un milieu forestier prend des années, voire des décennies.

On peut terminer par un dessin en deux temps : « la forêt juste après le feu » puis « la forêt dans plusieurs années ». L’objectif n’est pas de produire une image forcément optimiste, mais de faire réfléchir aux différentes trajectoires possibles.

Activité 6 – Comment protéger les forêts ?

Durée : 45 minutes à 1 heure | Matériel : affiche ou grande feuille

La dernière activité permet de passer de la compréhension à l’action. Mais plutôt que de demander aux élèves une simple liste d’éco-gestes, proposez-leur de construire une « charte de protection de la forêt » en distinguant plusieurs niveaux.

  • Ce que chacun peut faire : ne jamais allumer de feu dans un espace naturel où cela est interdit, ne pas jeter de mégot, respecter les consignes et les accès.
  • Ce que l’école peut faire : mieux connaître la forêt locale, organiser une sortie, suivre un arbre ou un espace boisé au fil des saisons.
  • Ce que les collectivités et les professionnels peuvent faire : informer, surveiller, aménager, entretenir les espaces et organiser la prévention.
  • Ce qui relève des décisions collectives : adapter les territoires aux évolutions du climat, protéger les écosystèmes et préparer les moyens de prévention et de lutte.

Cette distinction est importante : les élèves peuvent agir, mais ils ne portent pas seuls la responsabilité de la protection des forêts. L’éducation à l’environnement doit donner envie de comprendre et de participer, sans faire culpabiliser.

Le site Prévention incendie propose de nombreuses ressources et en particulier un kit pédagogique sur les incendies de forêts.

Une séquence qui peut se prolonger en classe

Ces six activités peuvent être menées indépendamment ou constituer une séquence de plusieurs séances. Elles permettent de croiser questionnement du monde, sciences, français, enseignement moral et civique, géographie et arts plastiques.

Quelques ressources complémentaires pour les enseignants

Pour aller plus loin avec Terra Project

Le serious game « Au cœur des forêts, protège ton futur ! » permet aux élèves de découvrir les enjeux forestiers par une approche ludique et interactive et au travers de nombreuses thématiques liées aux forêts : les arbres, les écosystèmes forestiers, les forêts et les cycle naturels, les services de la forêt, les métiers du bois et de la forêt, les forêts dans la culture.

FAQ : Feux de forêt et enfants

Comment parler des feux de forêt avec des élèves sans les inquiéter ?

Commencez par leur demander ce qu’ils ont vu, entendu ou ressenti. Laissez plusieurs façons de participer – parole, écriture, dessin – puis passez progressivement des représentations aux questions scientifiques. Évitez les images inutilement spectaculaires et donnez aux élèves des repères concrets sur la prévention et les personnes qui interviennent.

Le changement climatique provoque-t-il les feux de forêt ?

Il n’explique pas à lui seul le départ d’un incendie. En revanche, la hausse des températures et certaines situations de sécheresse peuvent rendre la végétation plus sèche et favoriser la propagation des feux. Il faut donc distinguer l’origine du feu des conditions qui permettent à l’incendie de se développer.

Une forêt peut-elle repousser après un incendie ?

Oui, mais cela dépend de nombreux facteurs : intensité du feu, espèces présentes, état du sol, climat et événements qui suivent. Certaines végétations se régénèrent relativement vite ; une forêt et l’ensemble de son écosystème peuvent toutefois mettre beaucoup plus longtemps à retrouver leur fonctionnement.

Pourquoi commencer une séquence par les émotions des élèves ?

Parce que les élèves n’arrivent pas en classe sans représentation des événements qu’ils ont vécus ou observés. Prendre un temps pour les écouter permet de repérer leurs questions et leurs inquiétudes, mais aussi de transformer une actualité parfois anxiogène en objet de connaissance. Cela donne ensuite un fil directeur aux activités scientifiques.

Que peut-on faire si l’on n’a pas de forêt près de l’école ?

Un arbre dans une cour, un parc, une rue ou un jardin suffit pour commencer. L’observation d’un arbre permet déjà d’aborder les relations entre le vivant, le sol, l’eau, les animaux et les humains. Des photographies et des cartes peuvent ensuite faire entrer la forêt dans la classe.

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